Résidence secondaire ou résidence à Monaco : deux notions souvent confondues
L'achat d'un bien immobilier à Monaco et l'obtention du statut de résident monégasque sont deux procédures distinctes, régies par des règles et des délais différents. La propriété immobilière ne modifie pas, en soi, le statut fiscal ou administratif d’une personne. Une grande partie des acquéreurs dans la Principauté détiennent leur appartement uniquement comme résidence secondaire, qu’ils occupent quelques semaines ou quelques mois par an, sans jamais demander la résidence. Comprendre cette distinction dès le départ permet d’éviter deux erreurs courantes : celles des acquéreurs qui pensent qu’un achat ouvre automatiquement la voie à la résidence, et celles des acquéreurs qui évitent complètement Monaco parce qu’ils croient à tort que la propriété entraîne obligatoirement un changement de domicile fiscal.
Devenir propriétaire sans devenir résident monégasque
Il n'existe aucune restriction à la propriété étrangère à Monaco. Les acquéreurs, quelle que soit leur nationalité et qu'ils soient résidents ou non, achètent des appartements, les utilisent comme ils l'entendent dans le respect des règles de copropriété et les mettent en location lorsqu'ils s'absentent. La simple possession d’un bien immobilier n’entraîne pas la résidence fiscale, et les propriétaires qui ne passent qu’un temps limité dans la Principauté continuent d’être imposés selon les règles de leur propre pays de résidence. Ce point surprend souvent les primo-accédants, qui s’attendent parfois à ce que le régime fiscal monégasque s’applique dès qu’ils prennent possession de leur logement.
La règle des « 6 mois et 1 jour », la carte de séjour et l'exigence bancaire de 500 000 €
La résidence à Monaco est un statut administratif à part entière, dont la demande doit être effectuée séparément de l'achat lui-même. Les principales conditions sont les suivantes :
- Présence physique à Monaco pendant au moins six mois et un jour par année civile
- Justificatif de logement, attesté par la propriété d'un bien immobilier ou par un bail d'au moins un an
- Un compte bancaire à Monaco crédité d'au moins 500 000 €, ou la preuve de revenus réguliers suffisants, acceptée par la banque de référence
- Un casier judiciaire vierge, ainsi qu'une demande de résidence déposée par l'intermédiaire de la banque qui parraine le dossier
Le fait de posséder une résidence secondaire permet à l'acheteur de demander la résidence ultérieurement, si sa situation ou ses projets venaient à changer ; toutefois, l'achat et la demande de résidence restent deux démarches distinctes, chacune avec ses propres formalités administratives et son propre calendrier.
Que doivent savoir les ressortissants français au titre de la Convention de 1963 ?
Les ressortissants français occupent une situation particulière qui mérite une attention toute spéciale. En vertu de la convention fiscale franco-monégasque de 1963, les citoyens français qui s’installent à Monaco restent généralement assujettis à l’impôt sur le revenu français, contrairement aux acquéreurs d’autres nationalités qui bénéficient pleinement du régime fiscal monégasque dès leur installation. Cet aspect modifie la logique financière d’une résidence secondaire pour un acquéreur français par rapport à un acquéreur d’un autre pays, et il convient de l’examiner avec un conseiller fiscal avant toute décision d’achat, idéalement avant même la rédaction d’une offre.
Combien coûte l'acquisition d'une résidence secondaire à Monaco ?
Prix au mètre carré par quartier et par catégorie d'immeuble
Ces chiffres varient en fonction de l'âge de l'immeuble, de son état, de l'étage, de la vue sur la mer et du niveau global des équipements et des services. Un bien récemment rénové, situé dans un immeuble bien géré, doté d'un syndicat de copropriétaires actif et d'un historique d'entretien clair, bénéficie d'une réelle plus-value par rapport à une surface comparable dans une résidence plus ancienne ou moins bien gérée. Deux appartements de superficie identique, situés dans le même quartier, peuvent donc présenter un écart de plusieurs milliers d'euros au mètre carré.
Frais d'enregistrement, frais de notaire et commission d'agence
Les frais s'ajoutant au prix d'achat dépendent directement de la forme juridique de l'acheteur; il est donc préférable de déterminer celle-ci avant de soumettre une offre plutôt qu'après :
- Acheteur particulier ou SCI monégasque : droit d'enregistrement de 4,75 %, plus frais de notaire de 1,5 %
- Société étrangère en tant qu'acquéreur : droit d'enregistrement porté à 7,5 %, auquel s'ajoutent des frais de notaire de 1,5 %
- Structures de propriété effective non divulguées : le droit d'enregistrement continue d'augmenter, pour atteindre 10 %
- Commission d'agence : 3 % plus TVA pour l'acheteur, 5 % plus TVA pour le vendeur
Étant donné que ces taux varient considérablement entre un achat à titre privé et une structure d'entreprise, le choix du véhicule de détention a une incidence significative sur le budget total, pouvant parfois atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros dans le cas d'une acquisition de grande valeur.
Programmes neufs ou immobilier d'occasion : deux structures de coûts différentes
Un bien immobilier neuf ou sur plan est soumis à une structure de frais différente de celle d’un appartement en revente. Au lieu du droit d’enregistrement, l’acheteur s’acquitte d’une TVA de 20 % sur le prix d’achat, ainsi que de frais de notaire réduits s’élevant à environ 2,5 %. Les biens en revente, parfois appelés « biens d’occasion », représentent la majeure partie des transactions dans la Principauté et sont soumis à la structure du droit d’enregistrement décrite ci-dessus. Comparer une annonce de bien neuf à une annonce de bien en revente en se basant uniquement sur le prix affiché, sans tenir compte de cette différence, donne une vision faussée du coût réel.
Quels quartiers conviennent à un propriétaire à temps partiel ?
Certains quartiers se prêtent mieux que d’autres au profil d’une résidence secondaire, principalement en raison du niveau de prise en charge quotidienne qu’ils offrent à un propriétaire qui n’est pas présent toute l’année. Monte-Carlo et le Carré d’Or offrent un accès immédiat aux restaurants, aux commerces et aux services, avec les normes de conciergerie les plus élevées de la Principauté, ce qui convient à un propriétaire qui arrive sans personnel attitré et qui s’attend à ce que l’immeuble se charge des livraisons, des demandes d’entretien et des courses quotidiennes. Larvotto et Mareterra offrent la proximité de la plage et des immeubles récents dotés d’équipements techniques déjà conformes aux normes en vigueur, ce qui réduit les soucis d’entretien auxquels un propriétaire à temps partiel doit faire face entre deux séjours. Fontvieille et le Jardin Exotique proposent des surfaces plus grandes à un prix au mètre carré plus bas, avec un caractère plus calme et plus résidentiel, au prix d’une marche plus longue jusqu’au port et au quartier du casino.
Les types de biens immobiliers les mieux adaptés à un pied-à-terre
Les acheteurs à la recherche d'une résidence secondaire à Monaco privilégient un nombre restreint de types de logements, chacun adapté à un rythme d'occupation différent :
- Studios et appartements d'une chambre, faciles à fermer pendant plusieurs mois d'affilée et simples à confier à un gestionnaire locatif entre deux séjours
- Des résidences avec services, où la conciergerie, le ménage et l'entretien sont directement intégrés aux services proposés par l'immeuble lui-même, ce qui évite au propriétaire d'avoir à coordonner quoi que ce soit à distance.
- Des appartements de deux chambres avec terrasse, un format qui allie le confort pendant les séjours à des charges d'exploitation raisonnables pour un bien immobilier laissé inoccupé une partie de l'année
- Appartements en duplex et penthouses, choisis par des propriétaires qui privilégient l'espace et la vue plutôt que la fréquence d'occupation, souvent comme résidence familiale à long terme plutôt que comme simple pied-à-terre
Les acheteurs qui envisagent des séjours saisonniers de courte durée, programmés en fonction d’événements tels que le Grand Prix, le Salon nautique ou le tournoi de tennis, ont tendance à privilégier la proximité du port et de Monte-Carlo plutôt que la superficie brute, car le bien sert davantage de point d’ancrage pour une semaine bien remplie que de résidence permanente.
Le processus d'achat, de l'offre d'achat à l'acte de vente
À Monaco, le processus d'achat suit un déroulement bien défini, chaque étape conférant une valeur juridique à la transaction :
- Lettre d'offre (offre d'achat) — offre écrite et contraignante précisant le prix, la durée de validité et la description du bien immobilier
- Contrat préliminaire (compromis de vente) — rédigé par le notaire, précisant des conditions telles que le financement ou les vérifications d'urbanisme
- Acompte — généralement 10 % du prix, versé sur le compte séquestre du notaire
- Délai de préemption — l’État monégasque dispose d’un droit de préemption sur certaines transactions, qu’il peut exercer ou auquel il peut renoncer dans un délai déterminé
- Vérifications cadastrales — effectuées par le notaire avant la signature définitive, afin de confirmer que le vendeur dispose d'un titre de propriété libre de toute charge
- Signature de l'acte de vente — finalisation de la transaction, paiement du solde et transfert de propriété
- Inscription au registre foncier de Monaco — le notaire délivre une « attestation de vente » servant de preuve provisoire de propriété en attendant l'inscription définitive
Contrairement à la France, Monaco ne prévoit aucun délai de réflexion légal après la signature du compromis de vente, ce qui confère davantage de sécurité au vendeur, mais laisse également moins de marge de manœuvre à l'acheteur pour revenir sur sa décision une fois engagé. Cet aspect rend la réalisation précoce d'une vérification préalable, tant sur l'appartement que sur l'immeuble, d'autant plus importante à Monaco que sur les marchés offrant un délai de rétractation officiel.

Le coût annuel réel d'une résidence secondaire à Monaco
Une résidence secondaire engendre des frais de fonctionnement, quel que soit le nombre de semaines pendant lesquelles elle est effectivement occupée, et ces frais s'accumulent insidieusement s'ils ne sont pas pris en compte dès le départ dans le budget. Les principaux postes de dépenses sont les suivants :
- Les charges de copropriété, qui couvrent le personnel de l'immeuble, les parties communes, la sécurité et les ascenseurs, sont généralement plus élevées dans les immeubles proposant de nombreux services de conciergerie et équipements collectifs
- Assurance adaptée à un bien immobilier laissé inoccupé pendant de longues périodes de l'année, parfois à un tarif différent de celui d'une résidence entièrement occupée
- Les services publics en mode veille, notamment le chauffage, l'entretien de la climatisation et Internet, ont continué à fonctionner même pendant les mois où les locaux étaient inoccupés.
- Services de conciergerie ou d'entretien, mis en place pour permettre aux propriétaires qui ne sont pas sur place de faire contrôler régulièrement leur bien et de réagir en cas de problème
- Frais de gestion immobilière, lorsque le propriétaire confie la gestion complète de son appartement à une agence locale plutôt que de s'en occuper lui-même
Les propriétaires sous-estiment souvent ce poste de dépense lorsqu'ils établissent le budget d'un achat, en se concentrant principalement sur le prix d'acquisition et les frais, pour ne découvrir le coût annuel réel de possession qu'à l'issue de la première année complète de propriété.
Louer votre résidence secondaire pendant votre absence
La réglementation monégasque encadre les locations saisonnières et de courte durée par des règles spécifiques en matière de baux, de déclarations d'occupation et de protection des locataires. Un propriétaire qui envisage de louer sa résidence secondaire pendant les périodes où il n'est pas à Monaco a tout intérêt à mettre en place ce dispositif dès le départ avec une agence locale agréée, plutôt qu'après la conclusion de la vente, afin que la tarification, la sélection des locataires et les conditions de location restent en adéquation avec le calendrier de disponibilité réel du bien tout au long de l'année, y compris pendant les périodes de forte affluence telles que le Grand Prix.
Transmission d'une résidence secondaire à Monaco : succession et structures de propriété
Le mode de détention d’une résidence secondaire a une incidence directe sur sa transmission. Monaco applique ses propres règles successorales, distinctes de celles du pays de résidence du propriétaire, avec un traitement différent pour les héritiers directs par rapport aux parents plus éloignés, pour lesquels les taux de droits de succession augmentent considérablement. Certains acquéreurs organisent leur achat par l'intermédiaire d'une SCI (société civile immobilière) monégasque, ce qui modifie à la fois les droits de mutation et les modalités de transfert des parts en cas de succession, par rapport à une détention directe du bien au nom d'une personne physique. Il est recommandé d'examiner cette décision de structuration avec un notaire avant de signer la lettre d'offre, car la corriger après l'achat entraîne des coûts supplémentaires et, dans certains cas, nécessite la conclusion d'une toute nouvelle transaction.
D'où proviennent réellement les résidences secondaires : le marché hors cote
Une part importante des transactions immobilières à Monaco ne fait jamais l’objet d’une annonce publique. Les propriétaires qui privilégient la discrétion, que ce soit pour préserver leur vie privée ou pour éviter la visibilité inhérente à un processus de vente public, vendent par le biais de mises en relation directes organisées entre des agences, des banques privées et des family offices actifs dans la Principauté. L’accès à ce marché hors cote dépend des relations qu’une agence entretient réellement avec les propriétaires et les institutions locales, plutôt que du nombre d’annonces affichées sur un site web, ce qui explique pourquoi les acheteurs qui limitent leur recherche aux portails publics ne voient souvent qu’une partie de ce qui est réellement disponible.




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