Impôt sur la fortune à Monaco : pourquoi n'y en a-t-il pas et que payez-vous réellement ?

Vue sur la mer et le port à Monaco

Résumé succinct de l'article :

Si vous envisagez de vous installer à Monaco pour son régime fiscal, vous vous demandez sans doute ce que recouvre réellement l’« absence d’impôt sur la fortune » et quelles en sont les exceptions. Cette page passe en revue tous les impôts que vous devrez tout de même payer en tant que résident, depuis droits de succession à l'impôt sur les bénéfices des entreprises.

Vous découvrirez comment des actifs situés à l'étranger, tels que des biens immobiliers en France ou en Espagne, peuvent tout de même être soumis à l'impôt sur la fortune à l'étranger, ainsi qu'un tableau comparatif entre la France, l'Espagne, la Suisse, la Norvège et les Pays-Bas.

Vous y découvrirez également les conditions de résidence, le coût réel d'un déménagement, ainsi que les raisons pour lesquelles la retenue à la source sur les dividendes étrangers prend souvent de nombreux nouveaux résidents au dépourvu.

Y a-t-il un impôt sur la fortune à Monaco ?

Monaco ne prélève pas d'impôt sur la fortune. Cette absence ne se limite pas à un seul prélèvement : il n'y a pas non plus impôt foncier annuel, ni de impôt sur le logement ni d’impôt sur les plus-values, les dividendes ou les revenus d’investissement pour les résidents.

Ce principe remonte à une ordonnance de 1869, lorsque la famille régnante avait choisi de financer la commune grâce aux recettes des casinos plutôt que par l'imposition directe des habitants. Il est resté en vigueur depuis lors, malgré plus d'un siècle et demi de changements survenus ailleurs en Europe.

Cette exonération s'applique au patrimoine net mondial du résident, sans qu'il soit nécessaire de déclarer ses avoirs à l'administration monégasque.

Tous les impôts que vous payez réellement en tant que résident monégasque

Les revenus, les plus-values et les dividendes ne sont pas imposés pour les résidents, à une exception près : les ressortissants français qui se sont installés à Monaco après le 13 octobre 1957 restent assujettis à l'impôt français sur le revenu en vertu de la convention bilatérale de 1963 conclue entre les deux États.

Les droits de succession et de donation ne s'appliquent qu'aux biens dont situées à Monaco, à des taux allant de 0 % pour les conjoints et les descendants en ligne directe, à 8 % pour les frères et sœurs, de 10 à 13 % pour les autres parents, et à 16 % pour les héritiers sans lien de parenté, quels que soient le lieu de résidence ou la nationalité du défunt.

Les transferts immobiliers sont soumis à des droits d'enregistrement compris entre 4,5 % et 4,75 % pour les acquéreurs particuliers, ces taux étant plus élevés pour les personnes morales, auxquels s'ajoute un droit de timbre de 1 % sur les baux résidentiels. L'impôt sur les bénéfices des entreprises, principal impôt direct sur les sociétés de la Principauté, s'applique au taux de 25 % aux sociétés réalisant plus de 25 % de leur chiffre d'affaires hors de Monaco, tandis que celles qui réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires au sein de la Principauté en sont totalement exonérées.

La TVA s'élève à 20 %(taux normal), avec un taux réduit de 5,5 % applicable à certains biens et services.

Dans quels cas un résident monégasque doit-il encore payer l'impôt sur la fortune à l'étranger ?

Le régime monégasque d'exonération de l'impôt sur la fortune s'applique aux actifs et aux revenus situés sur son territoire, et non aux obligations découlant d'autres pays. Un résident détenant un bien immobilier en France reste assujetti à l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) français sur ce bien, calculé selon la réglementation française, quel que soit le lieu où le propriétaire réside au quotidien.

L'Espagne, l'Italie et plusieurs cantons suisses appliquent leurs propres impôts sur la fortune ou sur la propriété aux actifs situés physiquement sur leur territoire. Il s'agit notamment de l'« impuesto sobre el patrimonio » espagnol pour les non-résidents, de l'IVIE et de l'IVAFE italiens sur les biens immobiliers et les actifs financiers détenus par des étrangers, ainsi que de l'impôt cantonal sur la fortune applicable aux biens immobiliers situés en Suisse.

Les structures de détention, telles que les sociétés, les trusts ou les sociétés civiles immobilières, modifient les modalités d'application de ces prélèvements étrangers, et le résultat dépend de la juridiction et de la catégorie d'actifs concernées, plutôt que du seul statut de résident monégasque.

Monaco face aux impôts européens sur la fortune : combien économisez-vous chaque année ?

Pays Taux de l'impôt sur la fortune Impôt annuel sur un patrimoine net de 10 millions d'euros Impôt annuel sur un patrimoine net de 50 millions d'euros
Monaco 0% €0 €0
France (IFI, immobilier uniquement) Jusqu'à 1,5 % Varie en fonction de la part du secteur immobilier Varie en fonction de la part du secteur immobilier
Espagne 0,2 à 3,5 % (au niveau régional) Entre 100 000 et 200 000 € environ Entre environ 700 000 et 1 700 000 euros
Suisse 0,1 à 1 % (au niveau cantonal) Entre 10 000 et 100 000 € environ Entre 50 000 et 500 000 € environ
Norvège 1 à 1,1 % Entre 100 000 et 110 000 € environ Entre 500 000 et 550 000 € environ
Pays-Bas Taux effectif compris entre 1 % et 1,7 % (encadré 3) Entre 100 000 et 170 000 € environ Entre 500 000 et 850 000 € environ

Ces chiffres concernent le patrimoine financier et non immobilier net. Les régimes spécifiques à l'immobilier, comme l'IFI en France, s'appliquent séparément et portent uniquement sur les biens immobiliers, et non sur l'ensemble du patrimoine d'un particulier.

Qui peut prétendre à la résidence fiscale à Monaco ?

Pour obtenir le permis de séjour pour ressources propres, il est nécessaire de disposer d'un dépôt bancaire auprès d'un établissement monégasque, dont le montant de départ est généralement de l'ordre de 500 000 €, bien que plusieurs banques fixent le seuil pratique à un montant plus proche de 1 à 2 millions d'euros. Cette voie nécessite également de justifier d'un logement et d'un patrimoine net ou d'un niveau de revenus minimum.

L'obtention d'un permis de séjour par le biais de la création d'une société remplace le dépôt bancaire par des critères commerciaux, notamment deux ans de loyer bloqués sur un compte à Monaco, au moins deux actionnaires et administrateurs, un capital social libéré d'au moins 150 000 €, au moins 50 mètres carrés de locaux professionnels, ainsi qu'un plan d'affaires triennal à joindre à la demande.

Les ressortissants français sont soumis à un régime distinct : ceux qui étaient déjà installés à Monaco avant la date butoir de 1957 conservent le même traitement fiscal que les autres résidents, tandis que ceux arrivés après cette date restent assujettis à l'impôt français sur le revenu en vertu de la convention de 1963 conclue entre les deux États.

Vendre hors marché

Le coût réel d'un impôt sur la fortune à taux zéro

Les avantages fiscaux de Monaco s’accompagnent de coûts d’installation et de maintien qui déterminent si l’installation dans cette principauté est rentable pour un profil donné. Le loyer annuel d’un logement, même modeste, s’élève à plusieurs milliers d’euros par mois ; le dépôt bancaire immobilise des capitaux qui pourraient autrement générer des rendements ailleurs tant qu’ils restent bloqués ; et la mise en place frais aux conseillers, notaires et services de création d’entreprise alourdissent la dépense initiale avant même qu’un seul euro d’impôt ne soit économisé.

En comparant ces coûts aux économies d'impôt sur la fortune réalisées dans une juridiction comparable, on obtient un seuil de rentabilité. En dessous d'un certain niveau de patrimoine net, les coûts fixes liés à la résidence à Monaco l'emportent sur les économies d'impôt, tandis qu'au-delà de ce seuil, l'arbitrage s'accentue au fil des années de résidence.

Les retenues à la source et le réseau de conventions fiscales manquant à Monaco

Monaco a signé des conventions de double imposition avec un nombre limité de pays et n'a pas conclu d'accords avec plusieurs grandes économies, notamment les États-Unis et la Suisse. En l'absence de convention, les dividendes étrangers versés à un résident monégasque sont soumis à une retenue à la source de 30 à 35 %, soit le double du taux généralement appliqué à un résident français ou britannique sur les mêmes revenus.

Pour un investisseur détenant un portefeuille international diversifié, cet écart entraîne une situation contre-intuitive : le montant total des impôts payés sur les revenus d'investissement peut dépasser ce que cette même personne payait avant son déménagement, malgré l'absence d'impôt sur le revenu des personnes physiques à Monaco. Cet effet concerne principalement les revenus de dividendes du portefeuille et s'atténue pour le patrimoine détenu par l'intermédiaire de structures sociétaires, ou concentré dans des actifs qui génèrent, par nature, peu de dividendes étrangers.

Quitter votre pays actuel en bonne et due forme

S'installer à Monaco n'a d'incidence sur la situation fiscale que si le départ du pays de résidence précédent est géré correctement. Plusieurs juridictions appliquent une taxe de sortie sur les plus-values latentes aux particuliers qui quittent le pays avec un patrimoine important, calculée au moment du départ plutôt qu'au moment de la vente éventuelle.

Les autorités fiscales du pays d'origine déterminent la résidence fiscale en s'appuyant sur la règle des 183 jours et sur un critère plus large fondé sur les faits et les circonstances, qui prend en compte les liens familiaux, la résidence principale et le centre d'intérêts économiques ; par conséquent, un bail conclu à Monaco ne suffit pas à lui seul à mettre fin à une résidence fiscale antérieure.

La norme commune de déclaration (CRS) permet le transfert automatique des informations bancaires entre les différentes juridictions, offrant ainsi aux autorités du pays d'origine une visibilité sur les opérations bancaires d'un résident à Monaco dès son installation.

La suppression de l'impôt sur la fortune à Monaco est-elle viable ?

La pression internationale exercée sur les juridictions à faible fiscalité s'est intensifiée sous l'effet des initiatives de l'OCDE et du cadre mondial de l'impôt minimum (Pilier II), qui vise davantage les grands groupes multinationaux que l'imposition directe du patrimoine des particuliers. Monaco a réagi en renforçant les mesures de transparence dans les secteurs immobilier et bancaire, notamment par le biais des obligations de conformité à l'AMSF, désormais généralisées dans le secteur immobilier.

Le régime d'exonération fiscale sur la fortune des particuliers est en vigueur depuis 1869 et a traversé les nombreux bouleversements du paysage fiscal international au cours du dernier siècle et demi. Aujourd'hui, les pressions portent davantage sur l'imposition minimale des sociétés que sur les prélèvements sur la fortune des particuliers, une distinction qu'il convient de garder à l'esprit pour toute personne envisageant de s'installer à long terme dans la Principauté.

En effet, Monaco ne prélève aucun impôt sur la fortune nette, ni taxe foncière annuelle, ni taxe d'habitation pour ses résidents. Cette situation perdure depuis qu'une ordonnance de 1869 a décidé de financer la commune grâce aux recettes des casinos plutôt que par l'impôt direct, et aucune réforme ultérieure n'a introduit de prélèvement sur la fortune, quel qu'il soit. L'exonération s'applique à la fortune nette mondiale des résidents, et aucune déclaration de patrimoine n'est transmise à l'administration monégasque.

Monaco n'impose pas en soi les actifs étrangers, mais le pays où ces actifs sont situés peut appliquer son propre impôt sur la fortune, sur la propriété ou sur les successions, indépendamment du statut de résident monégasque du propriétaire. Les biens immobiliers situés en France, par exemple, restent soumis à l'IFI français, et des règles similaires s'appliquent aux biens immobiliers ou aux actifs financiers situés en Espagne, en Italie ou dans certains cantons suisses. La structure utilisée pour détenir ces actifs a souvent une incidence sur le résultat.

Non, Monaco n'applique aucun impôt national sur les plus-values, les dividendes ou les revenus d'investissement des résidents. La seule exception concerne les ressortissants français installés à Monaco après le 13 octobre 1957, qui restent soumis à l'impôt français sur le revenu en vertu de la convention bilatérale de 1963. Tous les autres résidents, quelle que soit leur nationalité, bénéficient d'une exonération totale de ces revenus au niveau monégasque.

Aucune taxe foncière annuelle n'est due par les résidents de Monaco. Les transferts de propriété sont soumis à un droit d'enregistrement unique compris entre 4,5 % et 4,75 % pour les acquéreurs particuliers, et les baux résidentiels sont soumis à un droit de timbre de 1 % calculé sur le montant du loyer. Au-delà de ces frais ponctuels, la possession ou la location d'un bien immobilier dans la Principauté n'entraîne aucune taxe foncière récurrente.

Les dépôts bancaires requis pour obtenir un permis de séjour au titre de l'autonomie financière commencent généralement autour de 500 000 €, bien que plusieurs banques fixent un seuil minimum pratique plus proche de 1 à 2 millions d'euros, en fonction de l'établissement et du profil global du demandeur. La preuve d'un logement, qu'il s'agisse d'un bail ou d'un achat immobilier, constitue une exigence parallèle à celle d'un patrimoine net ou de revenus suffisants pour démontrer l'autonomie financière.

Aucun ressortissant français ne paie d'impôt sur la fortune à Monaco, puisque cet impôt n'existe pas dans cette principauté pour aucun résident, quelle que soit sa nationalité. Les personnes s'étant établies après le 13 octobre 1957 restent assujetties à l'impôt français sur le revenu en vertu de la convention bilatérale, mais cette obligation porte sur le revenu et non sur la fortune. Les personnes arrivées avant cette date bénéficient, à l'instar des ressortissants d'autres nationalités, d'une exonération totale de l'impôt sur la fortune.

Monaco s'engage activement à respecter les normes de transparence de l'UE et de l'OCDE, et sa position sur une liste donnée évolue régulièrement au fur et à mesure que les cadres internationaux évoluent. Pour obtenir une réponse fiable, il convient de consulter la liste actuelle des juridictions non coopératives établie par l'UE au moment d'une demande spécifique, car la composition des listes noires est révisée à intervalles réguliers et n'est pas figée d'une année sur l'autre.

Cette comparaison dépend du canton, de la structure des revenus et de la composition du portefeuille, et ne se résume pas à une réponse unique et figée. Monaco supprime totalement l’impôt sur la fortune et l’impôt sur le revenu, tandis que la Suisse applique un impôt cantonal modéré sur la fortune, parallèlement à un réseau plus étendu de conventions fiscales qui réduit l’exposition aux retenues à la source sur les dividendes étrangers. Pour les portefeuilles fortement axés sur les revenus de dividendes étrangers, la couverture offerte par les conventions fiscales suisses compense parfois son impôt sur la fortune.

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